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Histoire des papes en AVIGNON

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Il y a 700 ans, le 9 mars 1309, le pape Clément V arrive dans la future capitale de la chrétienté ou 9 papes se succéderont pendant la durée de la papauté.

Petit rappel de l’histoire …

Clement V       1309 - 1314
Jean XXII         1314 - 1334
Benoit XII         1335 - 1342
Clément VI      1342 - 1352
Innocent VI      1352 - 1362
Urbain V          1362 - 1370
Grégoire XI       1370- 1378
Clément VII      1378 - 1394
Benoit XIII         1394 - 1403

De 1309 à  1378, Avignon fut le séjour des souverains pontifes et Jeanne 1re, reine de Sicile, vendit la ville, en 1348 au pape Clément VI. A ce moment la cité était très active. La présence de la papauté en faisait une place financière d’importance européenne. Lorsque le siège pontifical eut été de nouveau transféré à Rome, Avignon demeurée possession de la papauté, fut gouvernée jusqu’à la révolution par des légats pontificaux.

Au 17èm et 18èm la ville connut une belle période de prospérité ; elle était alors le centre de la culture de la garance, ainsi que celui de la fabrication de poteries très recherchées. Le 12 juin 1790, Avignon, que les autorités royales faisaient saisir toutes les fois qu’elles avaient quelques démêlés avec le pape, vota son annexion à la France ; le décret du 14 septembre 1791 confirma ce vote.

En 1305, le Gascon Bertrand du Goth, archevêque de bordeaux, est élu pape au conclave de Pérouse, sous le nom de Clément V, il est consacré à Lyon la même année. Après un séjour dans le bordelais, il arrive en Avignon, cité de son vassal, le comte de Provence. Il se loge dans le grand couvent des Frères Prêcheurs entre le Rhône et la ville. Sa santé fragile lui fait pourtant préférer la campagne à la ville, et il séjourne à Chateauneuf, à Monteux et surtout au Groseau, près de Malaucène, au cœur du Comtat Venaissin où il est chez lui. Ce pape sait que Rome n’est pas sûre et qu’il lui faut régler les problèmes pendants avec le royaume de France, le plus important pays d’Europe. Avignon sera une solution transitoire. Clément V a la réputation d’être un pape ‘faible’, mais il obligea Philippe Le bel à demander l’absolution de ses fautes en particulier celle de l’attentat  d’Agnani, réhabilitant ainsi la mémoire de Boniface VIII. Il cherche avant tout l’apaisement qui permettra à l’église de reconstituer son temporel et de relancer l’idée de la croisade.

Le pape préside le concile de Vienne (1311-1312) ou sont présents plus de trois cents évêques. On y condamne les hérésies des Béguards et des Béguines (exaltés du tiers Ordre franciscain, vivants de mendicité, ils prêchent l’abandon de toute propriété) le clergé y est réformé et la suppression de l’ordre du temple est proclamée. Clément V  confirme la fête du Saint sacrement.

Atteint d’un cancer à l’estomac que ses médecins ne purent enrayer, le pontife tente de revenir en Gascogne pour y trouver paix et guérison. Passant par Châteauneuf, il est obligé de s’arrêter à Roquemaure où il meurt le 20 avril 1314.

A la mort de Clément V, le Sacré Collège se compose de vingt quatre cardinaux, sur proposition du roi de France, c’est au couvent des Jacobins que s’ouvre le conclave, les discussions trainent quarante et un jours et enfin le Cardinal évêque de Porto, Jacques Duese est élu le 6 aout, il a 70 ans Il sera couronné à Lyon sous le nom de Jean XXII. Son règne durera 18 ans et sera le plus long dans l’histoire des papes d’Avignon.

Il décide de résider en Avignon, et arrive le 2 octobre 1316. Aussitôt commencent les travaux d’agrandissement de l’ancien palais épiscopal adossé à la cathédrale Notre Dame des Doms. Les travaux ne cesseront jamais durant tout le pontificat. La réorganisation fiscale fut sa grande réussite avec les collecteurs de fonds qui sillonnent l’Europe entière et ramasse systématiquement l’impôt dû à l’église. Ayant à nouveau de l’argent Jean XXII l’utilise pour réorganiser l’administration pontificale et lui donne la solidité qui permettra deux siècles plus tard, de résister à la tempête de la Réforme.

Il s’éteignit le 4 décembre 1334.

Le nouveau pape Jacques Fournier, surnommé le « cardinal blanc »,  car ce cistercien refusait de porter la robe rouge des cardinaux, préférant le blanc adopté par Saint Bernard est élu, il prendra le nom de Benoit XII, sera couronné le 8 janvier 1335. Il possède un solide bagage théologique, abbé de Fontfroide puis évêque de Pamiers et de Mirepoix, il a poursuivi inlassablement les Cathares, laissant la marque d’un homme juste. Equité et austérité vont marquer son règne qu’il commence en renvoyant chez eux tous les évêques et les écclésiastiques venus quémander en Avignon au lieu d’administrer diocèses et paroisses.

Il donne les ordres pour commencer les constructions du « Palais Vieux ».L’architecte en est Pierre Poisson, un homme du sud, qui va donner au palais son aspect de forteresse. La tour du pape ou la tour des Anges est en fait le donjon seigneurial. Là, était conservé le trésor monétaire des pontifes, dans de grands coffres en bois bardés de fer. Aménagés dans les reins de la voûte inférieure, se trouvent de grands coffres de pierre où l’on déposait les archives essentielles. La grande pièce au dessus était la chambre du camérier, véritable premier ministre du palais.

Benoit XII de bonne sante se mis à souffrir d’ulcères aux jambes, tous les médicaments restent impuissants, Benoit XII rend l’âme le 24 avril 1342.

Le 7 mai 1342, après 4 jours de conclave, Pierre Roger est élu pape et prend le nom de Clément VI. Avant d’être cardinal, l’homme a fait une belle carrière comme chancelier du roi de France et archevêque de Rouen. Ses qualités politiques et courtisanes, bon orateur et théologien de talent vont permettre de renouer avec la tradition des bénéfices qui faisait cruellement défaut sous le dernier pontificat et une reprise générale de la diplomatie avignonnaise.

Peu après son accession au pontificat, Clément VI achète la coseigneurie de Monteux à Jean d’Agoult. Les problèmes financiers et politico-sentimentaux de la reine Jeanne de Naples, comtesse de Provence l’obligent à venir en Avignon en 1348. Le 19 juin, elle fait une entrée solennelle dans la ville dont elle est la souveraine et elle est reçue par le pape en consistoire. Là, elle est absoute du soupçon de meurtre sur son premier mari, André de Hongrie, et reçoit la dispense nécessaire pour épouser son cousin, Louis de Tarente. Dans le même temps, elle vend au pape la ville d’Avignon.  Clément VI fait alors placer ses armes et celles de la papauté sur les principaux édifices d’Avignon et affranchit l’état d’Avignon de la suzeraineté impériale. La ville et son territoire deviennent le siège de la capitale de la Chrétienté. Désormais, on viendra en Avignon.

Clément VI poursuit les constructions. Il crée la cour d’honneur, il fait peindre des scènes de chasses.

Avec la politique européenne de Clément VI, la ville ne cesse de recevoir de nouveaux habitants. Elle atteint un maximum de quarante à cinquante mille personnes s’entassant dans des maisons sans cesse agrandies et reconstruites. A son apogée, Avignon devient une des plus grandes villes d’Europe.

Le 18 décembre 1352, Etienne Aubert est élu pape. Il prend le nom de Innocent VI. Cet ancien juge-mage de Toulouse est conseiller du roi. Six fois il a été envoyé comme ambassadeur auprès de Benoit XII. Il redonne de la discipline et impose aux évêques de résider chez eux. En 1361, la peste revient frapper Avignon où meurent neuf cardinaux. Au palais même, il y aura 97 morts. Cette peste est encore plus dure que celle de 1348. Innocent VI se retire dans la chartreuse de Villeneuve qu’il a crée à partir de son palais cardinalice. C’est là que Matteo Giovannetti a peint ses derniers chefs-d’œuvre consacrés à l’histoire de Jean Baptiste. Il meurt le 12 septembre 1362. Il est enterré dans le splendide tombeau construit dans la chartreuse, ou il repose encore.

Guillaume Grimoard, ancien abbé de Saint-Victor de Marseille est en Sicile comme nonce apostolique lorsqu’il est élu pape, le 27 septembre 1362. Urbain V s’entoure de son frère, Anglic Grimoard, à qui il confie l’évêché d’Avignon vacant depuis les derniers papes. Tandis que le Petit Palais devient la demeure épiscopale, le pape fait l’aile de l’Amirande sur une partie des jardins et la magnifique galerie qui lui donne son nom : « admirabilis ». Ce bénédictin garda la robe noire de son ordre. Homme sobre, il représente la force d’une conscience. Urbain V sent depuis son accession au trône, le besoin pour la papauté de revenir à Rome. Des galères venues de toute l’Italie l’emmènent à Gènes et de là il parvient à Viterbe. Enfin le 16 octobre, UrbainV fait son entrée solennelle dans Rome qui retrouvait alors un pape après 63 ans d’absence. Mais les conditions du retour ne sont pas satisfaisantes et malgré les pleurs de Brigitte de Suède, Urbain V décide de revenir en Avignon. Il retrouve la ville le 24 septembre 1370. Son état de santé est aggravé par les fatigues subies et il s’éteint le 19 décembre 1370.

Le 30  décembre 1370, Pierre Roger de Beaufort, est élu à l’unanimité. Il prend le nom de Grégoire XI. Ce fut le plus jeune des papes d’Avignon, âgé à peine de quarante ans. Ce spécialiste en droit civil a longuement étudié à Pérouse et connait bien l’Italie. Sa santé délicate le tourne vers la méditation, mais ses décisions sont d’une fermeté à toute épreuve. Pour arrêter les menées des Visconti, il n’hésite pas à faire lever une armée conduite avec succès par Amédée, le comte de Savoie. Contre les florentins qui tentent de contrecarrer ses projets de retour à Rome, il prononce l’excommunication, les prive de leurs biens et les met hors la loi.

Catherine de Sienne, religieuse mystique, vient en Avignon presser le pape pour qu’il revienne à Rome. Malgré les nombreuses remontrances venues de toute l’Europe, Grégoire XI part d’Avignon le 13 septembre 1376, entouré de quinze cardinaux. Le 13 janvier suivant, il entre dans Rome. Deux ans plus tard, Grégoire XI meurt.

A Rome, le conclave commence dans la violence. Prisonniers, les cardinaux sont obligés d’accéder à la demande populaire réclamant un pape italien. C’est ainsi qu’est élu Barthélémy Prignano, archevêque de Bari, qui prend le nom d’Urbain VI.

 Mais les dissensions sont telles que les cardinaux parvenant à fuir Rome se réunissent à Fondi et, cinq mois plus tard, le 20 septembre 1378, élisent Robert de Genève. Sous le nom de Clément VII... Il revient en Avignon. La fête est grande pour recevoir ce pape qu’on espérait plus. Adémar d’Aigrefeuille, le capitaine général est en tête du cortège pavoisé aux armes du pape et de la ville pour accueillir clément VII le 20 juin 1379. Les rois de l’Europe sont alors obligés de prendre partie pour l’un ou pour l’autre pape. La France, la Castille, le Sicile prennent le parti d’Avignon. Le nouveau pontife a de la chance. Les services restés en Avignon se remettent à fonctionner à plein régime. Aussi, la cour retrouve-t-elle son train ordinaire et la bataille pour la légitimité va battre son plein. La stabilité avignonnaise est d’autant plus forte qu’Urbain VI meurt en 1388, remplacé par Boniface IX.  Clément VII meurt le 16 septembre 1394 à Avignon, il sera enterré dans le couvent des Célestins.

Les cardinaux élisent en Aragon, Pedro de Luna, le 28 septembre 1394, qui prend le nom de Benoit XIII. Ce professeur de droit de la grande famille des comtes de Luna, est âgé de soixante ans.
Décidé à faire cesser le Grand Schisme, le roi envoie en embassade les trois ducs : Jean de Berry, Philippe de Bourgogne et Louis d'Orléans. Ils arrivent en avignon au mois de mai, accompagnés par les docteurs de l'université de Paris, et une longue bataille commence avec le pape pour obtenir son retrait. Les caridnaux eux mêmes se prononcent pour la démission du pape.
Benoit XIII, irascible car persuadé de la validité de son élection, fait couper une arche en bois du pont pour interdire aux ducs demeurant à Villeneuve de revenir l'importuner. Mieux encore, il demande à Martin, roi d'Aragon, de venir avec des troupes dans Avignon. Longues discussions, le pape gagne du temps. Le roi de France finit par réunir un concile dont le vote le 28 juillet 1398, se prononce à très forte majorité pour la soustraction d'obédience.
Le pape s'est enfermé dans le palais, le siège du palais est organisé, mais le palais reste imprenable et le siège est transformé en blocus. Peu à peu, l'opinion se retourne en faveur du vieux pape inébranlable. Finalement, Benoit XIII réussit à s'évader dans la nuit du 11 mars 1403. Comtadins et Avignonais viennent aussitôt faire leur soumission, l'ensemble des cardinaux se met à genoux devant lui ! Benoit XIII a gagné, il pardonne a tout le monde, il ne revient jamais en Avignon, il se fixe à Péniscola et meurt à quatre vingt quinze ans, isolé, mais toujours pape.
 
 

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